Le Mont-Gargan  

 

Souvenirs et découvertes sur

le Mont-Gargan 

     Avec ses 732 mètres d'altitude, le Mont-gargan, classé depuis 1983 aux Sites et Momuments Naturels du territoire national, est l'un des points culminants de la Haute-Vienne.

Haut  lieu  de  la  résistance, son vaste                                                                  panorama en fait une contrée connue 

                                                                prisée par de nombreux visiteurs.

 

Visite guidée

    Tout commence par une montée de 15 kms depuis Châteauneuf-la-Forêt. Les lacets de la route se faufilent entre les arbres pour nous laisser entrevoir, au coin d'un virage, le Mont-Gargan !

     Arrivés au parking du site, nous accédons au sommet par une majestueuse allée de hêtres centenaires. Nous sommes aussitôt saisis par les couleurs de la lande à bruyères qui jonchent le sol. Le vert, le jaune et le mauve s'y marient harmonieusement, formant ici et là de vastes étendues chatoyantes.

     Surplombant le mont, la chapelle Notre Dame du Bon Secours. Malgré son état de ruine, elle offre son lot de découvertes. Un pied de fougère, niché sur une roche à l'intérieur de la chapelle, est en effet classé du fait de sa rareté.

     Les poutres de briques proposent un contraste étonnant avec les grosses pierres constituant sa charpente. Edifiée par l'Abbé Joyeux en 1871, la chapelle n'a cessé de se dégrader en raison des intempéries et du vandalisme, jusqu'à ce que l'évêque de Limoges ne prononce sa désaffection en 1924.

   Des travaux de consolidation des ruines ont cependant été effectués par les services du Conseil Départemental 87, propriétaire des lieux depuis les années 90. Ils devraient se poursuivre dans les années suivantes, avec la remise en place du clocher d'origine.

 

1944 : La Bataille du Mont-Gargan

   L'arrêt devant la stèle, commémorant le sacrifice des maquisards pour la libération de la France, est empli d'émotion lorsqu'un couple d'un certain âge nous rejoint pour se recueillir. L'homme a certainement du prendre part aux combats ...

   Le Mont-Gargan fût, durant la seconde guerre mondiale, un haut lieu de résistance. Alors que la bataille de Normandie est encore incertaine, la "montagne Limousine", en état d'insurrection, subit les bombardements.

     Le 14 Juillet 1944, l'aviation alliée largue en plein jour, sur le Mont-Gargan, un parachutage massif d'armes et de munitions. L'état major allemand décide de s'emparer de cet arsenal et d'en finir avec cette poche de résistance en envoyant 4000 hommes, des blindés et de l'artillerie.

     Convergent alors vers le Mont-Gargan, la colonne Von Jesser, le 95ème régiment de la Wehrmacht, et un bataillon de la milice française. Côté partisans, la 1ère brigade de marche, commandée par le colonel Georges Guingouin, fait sauter les ponts, obstrue les routes, transforme le mont et les villages en camps retranchés.

     L'assaut allemand, lancé le 16 juillet, dure une semaine. Le 23 juillet, les troupes allemandes capitulent et se retirent. Les combats ont fait 342 morts nazis, et 43 morts et 54 blessés graves chez les maquisards.

 

Une flore rare et protégée

     Un peu plus loin, devant la table d'orientation, et sa vue panoramique, le massif des Monédières surgit du plateau corrézien, tandis que la commune de Saint-Gilles-les-Forêts semble encerclée, par la mosaïque des prairies et des bois.

     Le Mont-Gargan présente lui-même deux types de paysages très contrastés :

- Du côté de la Croisille-sur-Briance et de Surdoux, le paysage est presque entièrement boisé. Il est dominé par les feuillus, mais localement, des plantations de résineux commencent à imposer leurs sombres alignements.

- De l'autre côté, le versant nord reste largement ouvert avec ses prairies et sa lande. Celle-ci évoque le temps révolu des troupeaux de brebis, pâturant au milieu de vastes étendues de bruyères.

     Nous entamons ensuite le circuit de promenade faisant le tout du Mont-Gargan.

   Durant 3 kms de sentiers, au milieu des bois et des prairies, une flore rare et protégée se dresse devant nos yeux. Le sorbier des oiseleurs (arbre montagnard) se caractérise par des baies rouges au bout de ses branches.

  D'autres espèces, peu représentées en Haute-Vienne, comme le polystic des montagne ou le phégoptéris faux-polypode, sillonnent également notre chemin.

    La Fontaine du Buisson Blanc constitue notre dernière halte. Malgré la période de sécheresse estivale, un léger filet d'eau, coulant entre les feuilles, lui confèrant cette incroyable impression de mini cascade. L'aménagement d'une bordure de pierre, encerclant et protégeant la fontaine, dessine les contours d'un patrimoine issu d'un autre temps.

 

    L'heure est maintenant au départ.

   Redescendant le mont, la Chapelle Notre Dame du Bon Secours, émergeant du sommet, semble nous accompagner du regard ...

 

    Un dernier coup d'œil ... Ce n'est qu'un au revoir ! ...

 

 

(avec l'aimable autorisation de "Haute-Vienne magazine" N°87 et de Jean-Loup Deredempt, ancien président de la Fédération Limousin-Marche de Folklore et membre de l'Escòla dau Mont-gargan).